Sudden Strike 3

Pour parler de Sudden Strike 3, on taira la mésaventure de Arms of Victory à sa sortie.

Arrivé tardivement en 2007, cette nouvelle version ne faisait même plus attendre. La communauté des joueurs en ligne des versions 2D tombait en décrépitude avec la multiplication des mods (et de certains fléaux en multijoueurs). Ajoutons également un mot sur le marketing désastreux de Fireglow à l’époque préférant capitaliser sur la peur « du piratage » auprès des joueurs de versions moddées plutôt qu’à essayer de convaincre des véritables atouts de la version 3D à venir.

Une des choses qu’il faut signaler, Sudden Strike 3 est donc arrivé bien tard sur son segment et malheureusement pour lui avec un moteur graphique bien loin derrière de ce qui était fait au même moment par la concurrence (Company of Heroes pour n’en citer qu’un). De plus, les performances sont déplorables par rapport à cette même concurrence.

On commencera ainsi par parler directement du jeu patché (en 1.4) avec le mod Batus 2.2 ou avec son extension The Last Stand sur laquelle nous reviendrons plus longuement.

L’apport de la 3D ne perturbe pas vraiment l’esprit et le gameplay de la série et c’est véritablement une bonne chose car sur ce point la concurrence à fortement déçue. Les développeurs ont voulu resté dans de l’historique (caractéristiques des unités, ambiance sonore) notamment dans les distances de tir où là encore l’ensemble de la concurrence échoue avec des chars cantonnés à tirer à 50m. On peut s’attarder un instant sur la bande son du jeu, voix de soldats et bruitages de chenilles/moteurs et explosions plutôt réalistes fidèle à ce qui était proposé au début de la série.

Les cartes sont plutôt de bonne facture,  encore fois, de taille appréciable face à la concurrence et on garde le nombre important d’unités contrôlables à l’instar des versions précédentes. Au niveau des décors, cela ressemble à ce que l’on avait en 2D mais cette fois en 3 dimensions (LOL!). Et c’est bien là que le bas blesse, car de ce coté c’est à double tranchant si nous ne sommes pas dépaysés, nous aurions largement souhaité un petit peu de nouveauté surtout avec le temps d’attente avant la sortie du jeu.

 Il faut cependant relativiser, le travail de modding a plus que bien améliorer les choses en ce qui concerne les différents camouflages des véhicules, ainsi que l’efficacité des mitrailleuses et unités anti-aériennes.

Heureusement, pour faire passer la pilule, on dispose d’une nouvelle fonction plutôt sympathique le verrouillage majuscule nous permet d’avoir une petite icône au dessus de chaque unité nous permettant de la reconnaitre (a vu d’œil on risque d’avoir du mal sans zoomer) ce qui rend le jeu assez difficile à prendre en main d’ailleurs même pour un habitué de la série. Qui n’a jamais envoyé son lieutenant au front en pensant qu’il s’agissait d’un PM ou caporal ?

On retrouve les attributs habituels de la série (dont la gestion complète du ravitaillement issue de Resource War) avec une différence pour la carte stratégique qui nous sert maintenant à appeler le soutien aérien hors carte. Les possibilités tactiques sont toujours aussi innombrables, et c’est plutôt utile vu la difficulté des missions à la base.

On appréciera également de pouvoir jouer en tant que spectateur grâce à une nouveauté  :  l’IA. Celle-ci réglable selon 3 niveaux, permet de laisser les unités s’auto-gérer. Mais hélas, on retrouve aussi cette IA du côté des points faibles du jeu. En effet, comme certains avaient pu le constater par le passé, les problèmes de pathfinding restent nombreux, avec des unités qui prennent des chemins plutôt étranges, ayant la tête dans les étoiles plutôt qu’à leur survie.

Un éditeur de carte, arrivé (trop ?) tardivement, permet de rallonger la durée de vie très courte du jeu avec seulement 9 missions de base et assez peu de cartes multijoueurs (dommage car le mettre à disposition directement à la sortie aurait pu permettre la naissance d’un grand nombre de carte dès le départ).

Sur ce point, heureusement que les cartes fournies avec le jeu (puis avec le patch 1.4) nous tiennent un peu plus en haleine.

Passons maintenant au Stand Alone « The Last Stand » censé combler une partie des manques du jeu. Les promesses d’un nouveau système de dommage, le transport d’unités terrestres ou encore des missions de reconnaissance et embuscade semblant plus qu’alléchantes. Mais rien que sur les captures d’écran de mission étant censé se dérouler en Normandie on y voit des armées de Tigre (un char pourtant produit en série limité et très rare en Ouest France en 1944) on se demande ce qui est tombé sur la tête des développeurs qui veulent nous vendre du réalisme historique. Passons sur détail le jeu mentionne que nous combattons la 21 Panzer Division bon point de recherche historique cette fois ci. Les améliorations graphiques annoncées ne sont pas spécialement visibles. Pire, les graphismes sont mêmes derrière ce que le mod batus pouvait offrir.

Revenons aux manques du jeu, l’hiver et oui, pour ceux qui ont pu y gouter dans les mods des versions précédentes, les combats hivernaux commençaient à manquer et l’ambiance offerte ici nous permet enfin de replonger dans la froideur des Ardennes.

Comme toujours avec les Sudden, chaque version apporte son lot de nouveautés mais aussi de défauts qui rendent le jeu moins indispensable pour une grande partie des joueurs lui préférant une version plus ancienne sur laquelle ils ont possèdent leurs marques. Sudden Strike 3 n’échappe donc malheureusement pas à la règle.

Pour ceux qui aimeraient poursuivre l’aventure avec d’autres unités et un autre gameplay un mod basé sur ce moteur de jeu a vu le jour, intitulé « War Zone » il nous propose de revivre les événements de la guerre du Viet-Nam.

 

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